Qu’est-ce qu’un complément alimentaire de qualité ?

Paramètre 1 : l’efficacité

Date de l'article : 12/09/2023 - 7 minutes de lecture

Un complément alimentaire de qualité est un complément alimentaire qui tient, entre autres, sa promesse d’efficacité. Il y a bien sûr aussi les paramètres de sécurité d’emploi et du prix.


Nous vous invitons à consacrer quelques minutes à la lecture des explications qui suivent : elles vous apporteront des clés utiles pour bien comprendre cet univers et vous éclairer dans vos choix.

D’une manière générale, démontrer les propriétés utiles d’un produit ou d’un service nouveau demande la mise en œuvre d’études souvent coûteuses alors que le résultat n’est jamais certain.

Aussi la loi favorise-t-elle les auteurs de recherches ayant démontré un effet bénéfique pour un produit innovant en leur concédant un monopole d’exploitation sous forme de brevet d’une durée suffisamment longue pour amortir ce coût.

C’est de cette manière que, par exemple, l’industrie pharmaceutique est encouragée à synthétiser des molécules nouvelles. Cette stimulation est efficace : elle génère des molécules toujours plus puissantes qui obtiennent parfois l’agrément des autorités de santé, même si elles sont aussi, très souvent, porteuses d’effets secondaires importants.

Pour les compléments alimentaires, ce système de brevet ne fonctionne pas bien : ils sont pour la plupart basés sur des ingrédients naturels, ne répondant pas à l’indispensable critère de nouveauté, car connus, appartenant au domaine public depuis longtemps, donc non brevetables.

Pour les compléments alimentaires, on voit dès lors des produits promus par des études souvent discutables.

Avez-vous déjà lu ou entendu des allégations telles que « 95 % de nos clients satisfaits… » ? Très certainement ! De simples tests marketing consommateurs sont présentés comme des études cliniques de médicaments, mais ne relatent, en fait que des ressentis très subjectifs.

D’autres études peuvent être plus objectives, mais n’apportent alors souvent que des informations sur des propriétés déjà connues, leurs promoteurs cherchant alors simplement à s’en approprier indûment la paternité.

Enfin, certaines études sont construites sur des protocoles biaisés en vue de « démontrer » à tout prix la propriété voulue. Tout expert en études cliniques admet que pour « démontrer » une propriété d’un ingrédient, il suffit de construire le protocole de l’étude de manière adéquate.

En ajoutant à cela l’effet placebo inhérent à tout produit, on comprend bien qu’il puisse se vendre des compléments alimentaires à l’efficacité improbable.

En tant que consommateur, il est donc important de toujours porter un regard critique sur certaines « preuves », produites par le fabricant lui-même. Les connaissances validées par l’usage traditionnel et les études du domaine public, offrent des voies d’informations bien plus impartiales et objectivement documentées, et constituent en tous cas les premières présomptions d’efficacité.

Les allégations, c’est-à-dire le fait de dire qu’un complément alimentaire possède telle ou telle propriété bénéfique, sont placées sous l’autorité des instances européennes, à travers différentes entités d’experts, en particulier l’EFSA, l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments.

L’enjeu commercial que représentent les allégations peut engendrer des conflits d’intérêts. Ainsi, avec la création de lobbies très actifs, cela peut entraîner, comme dans toute activité humaine, des dérives, tant vers l’excès avec des allégations autorisées discutables, que vers le défaut avec des propriétés nutritionnelles ou physiologiques évidentes, mais dont l’allégation demeure non autorisée.

Cependant, on peut dire que depuis 2006, la situation évolue peu à peu vers un équilibre plus favorable à l’intérêt premier du consommateur.

Certains ingrédients naturels, comme certaines plantes par exemple, bénéficient de preuves d’activité bien documentées. Toutefois, pour une plante donnée, dont l’identification botanique précise est un préalable indispensable, les propriétés ne s’expriment que si l’on respecte certaines conditions d’utilisation. Il s’agit par exemple de la partie anatomique de la plante, du mode de préparation après la récolte, de la maturité et donc de la teneur en molécules actives, etc.

Au total, il faut dans un premier temps s’assurer des propriétés physiologiques et/ou nutritionnelles réelles d’un ingrédient. Il faut ensuite déterminer avec précision les conditions d’utilisation qui permettent d’obtenir ces effets, sans, bien sûr, oublier l’indispensable démonstration de son innocuité. Nous vous donnons rendez-vous pour cela à l’article « Qu’est-ce qu’un complément alimentaire de qualité ? Paramètre 2 : la sécurité d’emploi ».

Il s’agit de la première phase de recherche de la qualité de l’ingrédient.

En ce sens les critères botaniques, anatomiques et de maturité sont de mieux en mieux complétés par les progrès de la biochimie moléculaire qui permet d’identifier et de doser les molécules actives.

Les techniques modernes d’analyse, de séparation de molécules et de tests d’activités physiologiques permettent d’identifier, d’isoler et tester les molécules contenues dans un ingrédient naturel. Celles-ci représentent individuellement autant de facteurs possibles à l’origine de ses propriétés actives.

Il existe aussi des phénomènes de régulation, de complémentarité et de synergie entre certaines de ces molécules.

Les choses deviennent alors très complexes lorsque, pour un ingrédient comme le ginseng par exemple, on identifie plus de 100 molécules physiologiquement actives.

Pouvoir attribuer tel effet à telle molécule que contient un ingrédient constitue un des objectifs principaux des chercheurs. Il n’est souvent atteint qu’avec des réserves constantes, car la réponse est rarement univoque. Il est en effet apparu que l’activité d’un ingrédient est souvent différente de celle de la « somme » des activités de chacun de ses constituants étudiés séparément.

La recherche a montré, par exemple, que dans certains cas, si l’on prive un ingrédient de l’une de ses molécules actives, ses effets pouvaient disparaître, mais qu’en testant cette même molécule seule, on n’observe plus aucun effet ! Nous sommes donc loin de connaître toutes les nuances qu’offre la nature.

Lorsque cela est possible, pour conserver l’effet physiologique complet d’une plante par exemple, le mieux est de garder complète et intacte la plante ou sa partie anatomique active, c’est-à-dire conserver le « totum », plutôt que de fabriquer un extrait.

Devant cette complexité, dans le but de pouvoir identifier et comparer de manière objective les ingrédients, le besoin de simplifier s’est fait sentir. C’est ainsi qu’a été inventé le concept de « traceur » : on recherche systématiquement, pour tout ingrédient, plante ou autre, une molécule ou famille de molécules qui lui soit spécifique.

Ce « traceur » ou « marqueur » présente assez souvent des propriétés physiologiques ou nutritionnelles intéressantes, mais ce n’est pas toujours le cas, sa qualité et fonction première pour la communauté scientifique étant sa spécificité.

bon à savoir

Bon à savoir

Une fois qu’une molécule est reconnue par la communauté scientifique comme le traceur d’un ingrédient donné, cette information devient utile dans 2 grands types de situations :

  • Dans le cas d’un ingrédient dont on connaît l’identité, par exemple une plante :
    On peut alors mesurer son degré de maturité. Plus le traceur est concentré, plus la plante est proche de sa pleine maturité. Par ailleurs, si le traceur est à une certaine concentration, celle des autres actifs est à l’avenant. La plante est en effet une vraie petite usine biochimique qui fabrique tous ses composants en continu. Cela dispense de devoir analyser tous les actifs importants et représente un gain économique appréciable. On peut ainsi comparer facilement et objectivement différents lots d’un même ingrédient.
  • Dans le cas d’un ingrédient non encore identifié :
    Dans ce cas le traceur peut participer au processus d’identification de l’ingrédient : on croise alors l’information avec d’autres paramètres qui sont autant d’indices pouvant constituer un faisceau tendant vers l’identification.

    C’est utile non seulement pour identifier des plantes encore inconnues, mais aussi pour identifier des poudres de plantes (une fois pulvérisée, une plante n’offre plus ses caractéristiques anatomiques permettant de l’identifier…).

Le concept de traceur est donc très utile. Il n’est toutefois pas absolu, car :

  • il est possible de tricher : les traceurs sont pour beaucoup des molécules que la chimie de synthèse sait aujourd’hui copier. On peut donc les ajouter, sous forme synthétique, par exemple à un ingrédient en poudre de médiocre qualité et tromper ainsi l’acheteur.
    C’est pourquoi le traceur est rarement utilisé seul, mais associé à d’autres critères analytiques.
  • en focalisant l’attention sur le traceur, on finit par le considérer comme l’unique facteur d’activité de l’ingrédient. C’est ainsi, par exemple, qu’on entend souvent dire que « les ginsénosides sont les principes actifs du ginseng ».
    Certes, les ginsénosides sont bien des molécules spécifiques et, à ce titre, les traceurs. Certes, ils sont par ailleurs bien caractérisés par leurs activités physiologiques propres.
    Mais ils ne sont en aucun cas les seules molécules actives du ginseng : la recherche en a identifié des dizaines d’autres : acides aminés, oligo-éléments, minéraux, vitamines, acides gras, polysaccharides, huiles essentielles, nucléosides, etc.

Les extraits de plantes sont obtenus en plongeant les plantes dans divers solvants froids ou chauds, pour en extraire les molécules solubles. Lorsque vous préparez une infusion de thé, par exemple, vous réalisez une « extraction aqueuse à chaud » : certaines molécules des feuilles de thé (théine, tanin, etc.) migrent vers l’eau chaude, car elles y sont très solubles.

Après l’opération d’extraction, on fait évaporer le solvant et on obtient un « extrait sec », c’est-à-dire un concentré des substances et molécules qui ont été extraites. Si l’on choisit bien un solvant dans lequel le traceur est soluble, celui-ci sera présent et sa concentration sera plus élevée que dans son ingrédient d’origine.

Toutefois, certaines molécules actives ne sont pas solubles dans le ou les solvants utilisés pour extraire le traceur : on perd donc ces molécules dans ce processus, car elles restent dans les tissus de la plante qu’on jette après la phase d’extraction. Dans notre exemple, lorsqu’on jette les feuilles de thé après l’infusion, on jette tout ce qui n’a pas été extrait, car non soluble dans l’eau chaude.

L’extraction présente donc un avantage :

  • elle peut aboutir à des produits plus concentrés et titrables, c’est-à-dire standardisables quant à la teneur en traceur : il suffit de diluer les extraits obtenus avec divers excipients comme la maltodextrine, pour ajuster la concentration en traceur.

Mais également des inconvénients :

  • certaines molécules actives de l’ingrédient d’origine ne sont plus présentes ; or la complète activité de l’ingrédient constitue la signature de la synergie et de la complémentarité de l’ensemble originel de ces molécules.
  • Certains solvants peuvent ne pas être éliminés complètement par l’évaporation. Or, ils sont parfois toxiques.
bon à savoir

Bon à savoir

Un extrait ne contient donc que le traceur et une partie variable des actifs d’un ingrédient. Il peut aussi contenir des résidus de solvants toxiques.

La raison commerciale a incité beaucoup de fabricants à privilégier les extraits de plantes, car ils sont paradoxalement plus simples à mettre en œuvre et plus faciles à argumenter auprès de consommateurs non avertis, car ils réduisent une plante à son traceur !

Chez Arik, nous croyons que la synergie et la complémentarité entre tous les actifs d’un ingrédient naturel prévalent le plus souvent sur les critères de concentration, de titrage et de standardisation, car ils constituent un facteur d’efficacité et de sécurité « natif ».

C’est pourquoi nous préférons utiliser, autant que possible, l’ingrédient entier, simplement pulvérisé, appelé « totum », parce qu’il conserve le « total » de la diversité des molécules actives.

Nous voyons les extraits comme des préparations à mi-chemin entre d’une part, le totum d’une plante riche de l’ensemble de ses molécules actives et, d’autre part, la copie synthétique, mono moléculaire, de son traceur.

La levure de riz rouge : un cas d’école

Par exemple, la levure de riz rouge constitue un cas d’école. Les statines synthétiques utilisées dans les médicaments entraînent souvent des effets secondaires pouvant être sérieux. On revient aujourd’hui, dans le monde entier, de plus en plus vers leur ingrédient naturel d’origine, la levure de riz rouge.

Cette dernière contient non seulement plus de 10 statines naturelles différentes, mais aussi d’autres molécules comme des phytostérols, des isoflavones et probablement des entités encore non identifiées. C’est très vraisemblablement la naturelle complémentarité de l’ensemble des composants actifs de la levure de riz rouge qui explique la bien moindre importance de ses effets secondaires, tant en fréquence qu’en intensité.

Cependant, le totum d’un ingrédient n’est pas toujours exploitable, par exemple lorsque la concentration naturelle des actifs est trop faible pour permettre une quantité suffisante dans une gélule. Dans ce cas, nous choisissons des extraits de la meilleure qualité, aussi riches que possible de toutes leurs molécules (pas seulement en traceur…) et ayant été réalisés avec de l’eau ou ne présentant pas de résidus de solvant dangereux.